26 mai 2007

Tous Républicains !?

marianneCe texte est vieux d'un an. Il avait pour but de désigner le Républicanisme incantatoire de nos élites et d'une partie de la société civile. Hélas, la campagne et le résultat des dernières élections présidentielles, sont la confirmation de la thèse qu'il expose.


Depuis de très longues années, tous les candidats à l’élection présidentielle y font systématiquement référence. Les lendemains de 21 avril, les bêlants, gonflés de certitude, arpentent l’asphalte de nos citées menacées par la peste brune, et invoquent avec la ferveur des maquisards le consensus Républicain. Mais les vociférations citoyennes, cachent mal le républicanisme incantatoire de nos élites et la dévalorisation malsaine de ses principes, orchestré par les nouveaux camelots du Roi.

Car aujourd'hui, et malgré les discours d’apparat, l’idée républicaine est confrontée à des attaques idéologiques franches et brutales. Des indigènes de la République à Nicolas Sarkosy (1), on se tient la main pour rendre, l'histoire de la République et ses principes, responsables  de tous les maux que rencontre la société Française contemporaine.
A l’opposition historique des "anti-lumières" s’ajoute une critique ubuesque issue des rangs progressistes. Au nom d’une vision biaisée de l’Histoire, et d’une interprétation manichéenne de la question sociale, les tenants du relativisme culturel et du différencialisme de gauche suivent inconsciemment, et au pas de l’oie, l'idéologie du libéralisme economique triomphant et le darwinisme social victorieux.

Nos indigents de L’(a) république et leurs congénères, invoquent tout un fatras de suggestions et de critiques grands guignolesques qui vide l'idéal Républicain de son sens et de son essence.
Ils sont favorables à la discrimination positive, sans parler d’égalité de droit. Ils se revendiquent d'une laïcité ouverte  en s’appuyant sur le sectarisme des églises et le communautarismes le plus égoïste.

Pour, ces dames patronesse de la gauche radicale-chic et BoBo, il faut en finir avec l'universalisme français. Ils prônent le retour au tribus, et exaltent l'ethnicisme sur un air de victimisation outrancier. Au revoir la lutte des classes, Bonjour les " minorités visibles ". A leurs yeux, les fondements de la République Française ne peuvent être que racistes et colonialistes, et donc, par voie de conséquence, le français attaché aux valeurs de la République, serait, par nature, un dangereux fasciste nostalgique de l'empire colonial. Un terrorisme intellectuel qui n'a rien à envier à celui instauré par les régimes les plus autoritaires.

Les pensées de nos insolents conventionnés sont la conséquence néfaste d'un tiers mondisme mal digéré, du dogme fossilisé de l'extrème gauche anticolonialiste, et d'un front antiraciste romantique et manichéen. Ils se pensent rebelles mais a bien y regarder, nos petits idiots utiles sont d'un conformisme confondant. Leurs réponses d'Ancien régime  sont celles des populistes d'extrème droite, des "libéraux", et des "sociolibéraux". Ils partagent un programme simple: la gestion sociale des populations par le prisme de l'appartenance communautaire.

Nos penseurs post-modernes semblent oublier que c'est au nom des valeurs Républicaines que toute une génération est entrée en résistance contre des pétainistes satisfaits de les avoir aboli !?

De son coté, la gauche morale geint, regrette à chaudes larmes la disparition des biens communs (donc de la Rés publica), et s’insurge contre le détricottage de l’Etat providence. Mais dans le même élan, et de façon paradoxale, elle considère les principes de la République sociale comme un idéal bourgeois et reactionnaire, responsable des discriminations, de la crise économique, et des difficultés sociales. Ce raisonnement les coupe d'un peuple, chez qui l'enracinement des valeurs Républicaine est trops souvent négligé par nos penseur " qui pensent bien".

Qu’on se le dise, l’idée de République ne saurait exister sans la participation des citoyens, et c’est ici que l’ascenceur social descend.
Qu’on se le répéte, l’idée de République sociale et démocratique ne saurait exister sans un gouvernement vertueux, et c’est ici que nos institutions s’écroulent.

Malaise dans le Bicentenaire.

Déjà, en 1989, la forme singulière de gouvernement léguée par la Révolution Française était en survie. François Furet rédigeait, sous l’oeil attendrit des stylistes du prêt à penser, le faire-part de dècès de la gueuse. Pour l’historien, désigné par l’établishment, le Bicentenaire était l’occasion de couvrir "d’un linceul cette tradition" et de laisser Marianne veiller sa dépouille en paix.

Depuis, de République, il n’ y a plus.

Les thuriféraires du neo-féodalisme s’égosillent contre un fantôme. Comme des cannibales, ils ont bouffé le cadavre, mais seuls les vrais carnassiers de la politique se régalent à la table des assassins et des antropophages. L'abandon de l'idéal émancipateur de la République n'est malheureusement pas sans conséquence dans le jeux politique.

Il n'y rien d'étonnant, par exemple, de voir Le vicomte philippe De Villiers, dont les ancêtres catholiques chouans et vendéens furent viscéralement en lutte contre les valeurs universelles, entrependre les premiers entre-chats d’une danse funèbre (2). Il fustige par racisme toute une catégorie du peuple français, et se sent pousser des ailes de républicain.
On en est là. Mais le pire est à venir.

Dans son livre "A contre Flots", la progéniture du populiste borgne peut aujour’hui sans sourciller citer et faire référence à Mendes France et Jaures... (3) Il est bon de se servir sur la bête encore chaude. Ils ont les meilleurs morceaux du cadavre... Ils n’ont rien volé, on leur a tout laissé...

 

(1) Sarkosy a bien compris l'enthousiasme que rencontrent les valeurs républicaines au sein du peuple Français. Contrairement à la gauche et à ses extrème, il sait que l'on ne peut pas gagner une élection sans le peuple. Il a donc demandé au styliste Henri Guaino, de lui tailler un costume de Vrai républicain, pour faire illusion le temps de la campagne, et pour masquer ses défauts communautaristes,  atlantistes et "libéraux". (cette note a été rajouté aprés l'élection présidentielle)


(2) Exemple de la décrépitude intéllectuelle de la gauche mouvementiste et des supplétifs de la gestion libérale du centre : la saillie délicate et pleine de compassion de Julien Dray, en réponse aux délires de De Villier. Le porte parole du PS n’a rien de trouvé de mieux que de pleurer sur l’islam, et a déclaré sur un ton martial "Cibler une religion est contraire à la République"... a bon ? et depuis quand ? tirer le rideau .

(3) Que dire aujourd'hui du lancement de la campagne du FN à Valmy. (cette note a été rajouté aprés l'élection présidentielle)

Posté par luette à 11:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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